Entre nous soit dit… y a toujours pire ailleurs… mais ailleurs je n’y suis pas

Combien de fois l’a-t-on entendue, cette phrase ? « Franchement, tu devrais relativiser, il y a toujours pire ailleurs ». Et c’est vrai. Il y a toujours pire mais… ailleurs, je n’y suis pas. Je suis ici, avec ma vie, mes galères, mes émotions, mes tempêtes et elles comptent.

Quand relativiser devient minimiser

Relativiser peut apaiser, parfois. Reprendre du recul, respirer, remettre les choses en perspective. Oui, c’est utile. Mais relativiser ne doit jamais devenir une injonction à se taire. À ne plus dire qu’on souffre, qu’on a mal, qu’on traverse une période difficile ou qu’on est tout simplement épuisé·e. Entendre « il y a pire » quand on se confie, c’est souvent recevoir comme message : « ce que tu ressens n’est pas légitime. ». Et ça, c’est destructeur. Car ce que je ressens, ce que tu ressens, c’est réel.

Avoir le droit de dire “je vais mal”

Ce n’est pas parce que d’autres vivent des drames terribles que nos douleurs sont moins valides. Ce n’est pas parce que je ne suis pas à l’hôpital, pas en guerre, pas en deuil, que je n’ai pas le droit de pleurer, de craquer, de dire que je suis à bout. La comparaison constante avec la phrase «oui mais y’a pire ailleurs» enferme. Elle empêche de se dire : “Ce que je vis est difficile. J’ai le droit de le ressentir. Et j’ai le droit d’en parler.”… le top des phrases c’est « mais pense à ceux qui meurent de faim ou sont en guerre » ou « oui mais moi je ne me suis jamais fait contrôler » quand quelqu’un parle d’un acte raciste qu’il a subit et qu’un autre noir réagit.

Prendre soin de soi, ce n’est pas être égoïste

Dire qu’on va mal, ce n’est pas se victimiser. C’est faire preuve de courage. C’est tendre la main, dire « j’existe »,accepter qu’on est humain·e. Se plaindre parfois, ce n’est pas fuir. C’est se reconnecter à ce qu’on vit vraiment. Et c’est souvent le premier pas vers le mieux. On ne vit pas les choses à moitié, juste parce qu’elles ne sont pas les pires. Les émotions ne se hiérarchisent pas. On ne peut pas classer la tristesse, la peur, le découragement, selon des critères extérieurs.

Tu vis ce que tu vis. Tu ressens ce que tu ressens. Et tu as le droit de le dire. Alors oui : ailleurs, c’est peut-être pire. Mais moi, je vis ici. Et aujourd’hui, j’ai le droit d’exister dans ma propre histoire. Avec mes hauts, mes bas, mon vécu et mes mots et toi aussi.

Xoxo 💋


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2 réflexions sur “Entre nous soit dit… y a toujours pire ailleurs… mais ailleurs je n’y suis pas

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