Entre nous soit dit… on peut se reconstruire sans retour en arrière

On entend souvent : « Donne une deuxième chance. », « Laissez le passé derrière vous. », « Ce n’était peut-être pas le bon moment. »

Et si, justement, le bon moment, c’était celui où on a dit stop ? Et si la vraie réparation n’était pas dans le retour… mais dans la réinvention ? Je le dis ici comme un témoignage, pas comme une vérité universelle. Mais une chose est sûre pour moi : je ne retourne jamais là où on m’a blessée. Une fois que c’est cassé… c’est cassé.

Je sais que certaines histoires reprennent. Je sais que parfois, les gens changent, les circonstances aussi. Mais moi, je n’y arrive pas. J’ai cette image du papier toilette : une fois déchiré, tu peux tenter de rafistoler… ça ne tiendra jamais comme avant. Il reste une trace, un pli, une fragilité. Un truc qui sonne faux, même quand tout le monde fait des efforts.

Je ne parle pas ici de fierté mal placée. Je parle d’instinct de survie. De lucidité. Quand je coupe, ce n’est jamais sur un coup de tête. C’est souvent après des silences, des doutes, des nuits sans sommeil. Et si j’ai un doute, je préfère rester. Je temporise. Je me tais. Mais si je pars… je ne reviens pas.

Après, ce n’est jamais comme avant

Il faut qu’on le dise franchement : une relation — quelle qu’elle soit — ne redevient jamais ce qu’elle était après une cassure. Pas exactement. Il y a une forme de méfiance. Un « avant » qu’on ne peut pas effacer. Même avec de l’amour. Même avec du pardon. Même avec des efforts sincères. Et ce n’est pas une punition. Ce n’est pas une rancune tenace. C’est juste un fait : le lien a changé de texture. Il n’est plus aussi lisse, aussi évident, aussi insouciant.

Et parfois, ce changement fait grandir. Mais d’autres fois, il dénature tout. Alors dans ces moments-là, je ne recolle pas les morceaux. Je choisis d’inventer autre chose. Ailleurs. Avec d’autres. Ou avec moi-même. Revenir, c’est souvent une illusion de confort On retourne là où on a aimé parce que c’est familier. Parce qu’il y a des souvenirs, des habitudes, des frissons qu’on croit irremplaçables.

Mais si on gratte un peu, on voit que ce qu’on cherche à récupérer, ce n’est pas la personne ou la relation… c’est l’état dans lequel elle nous mettait.

Et ça, malheureusement, ce n’est pas reproductible sur commande. Le retour n’efface pas la cassure. Il peut la maquiller. La repousser. Mais elle est là, tapie au fond. Et parfois, elle revient plus forte. La vraie reconstruction, c’est le mouvement. Ce que j’ai appris avec le temps, c’est que se reconstruire, ce n’est pas rebâtir à l’identique. C’est prendre les ruines, les morceaux, les bouts de soi éparpillés… et les transformer en autre chose. Pas pour rejouer la même scène. Mais pour écrire un nouveau chapitre. Avec des règles différentes. Une conscience plus claire. Une confiance mieux placée.

Parfois, ça veut dire reconstruire seule. Parfois, avec d’autres personnes. Mais rarement avec ceux qui ont déjà cassé ce qu’on avait construit. Je sais que tout le monde ne pense pas comme ça. Je sais qu’il existe des contre-exemples. Des couples ou des amitiés qui renaissent, et c’est beau, tant mieux. Mais moi, je me connais. Et si un jour vous me voyez dériver, m’accrocher à une histoire qui m’a blessée, me justifier, douter… :

Rappelez-moi ceci. Cet article. Ce point de repère. Rappelez-moi que je l’ai déjà dit ici, noir sur blanc : je ne retourne pas là où j’ai été cassée.

Et toi, t’es plutôt du genre à réparer… ou à reconstruire ailleurs ?

Je suis curieuse de lire d’autres visions. Ce n’est pas un dogme. C’est un partage. Une boussole que je pose là, pour moi et peut-être pour d’autres qui ont besoin de se l’entendre dire.

Xoxo 💋


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