592 jours, 14208 heures, 20 mois …. Comme dirait le P Breziani Pitin!!! Dégâts dégâts dinguerie! La maison est vendue. J’ai partagé des souvenirs, des vidéos, des images. Et je me suis rendue compte que certains pensaient que j’étais triste de la voir partir, que je la regrettais un peu. Alors je voulais vous rassurer : cette vente est un immense soulagement.
Ces derniers mois, ma vie était clairement au ralenti. Beaucoup de combats ont été menés et cette maison faisait partie de ceux qui prenaient énormément de place dans mon quotidien à titre personnel. Quand une vente traîne, elle ne reste pas dans un coin de votre vie, elle s’installe partout : les visites à organiser, le ménage à faire avant chaque passage, les échanges avec les agents immobiliers, les questions des acheteurs, les discussions avec le notaire, les clarifications administratives, les dossiers qui reviennent sans cesse. À cela s’ajoutait encore l’assurance dommage-ouvrage qui reste un sujet non totalement clos. Tout cela représentait une charge mentale permanente pour moi.
Le déclic pour moi ne s’est pas fait le jour de la signature. Il s’est fait bien avant. Le 15 septembre 2024 à 13h30, j’ai mis la maison en vente sur Leboncoin. À ce moment-là, quelque chose s’est fermé dans ma tête. Et ce qui est presque drôle quand j’y repense, c’est que trente minutes plus tard j’étais déjà sur Pinterest, dans mon lit, en train de regarder des inspirations de maisons, des cuisines, des ambiances, des matériaux. J’étais déjà en train d’imaginer ce que pourrait être la suite. Ma séparation n’est pas arrivée comme un choc brutal. Donc quelque part, je m’y étais préparée.
Le vrai problème n’a jamais été la décision de vendre. Le problème, c’est que la vente a duré. Et quand une vente dure, elle finit par prendre toute la place. Encore la semaine dernière, alors que j’étais en vacances en Vendée, j’ai dû dire stop à tout le monde pendant un moment parce que les messages arrivaient dans tous les sens. À un moment, je me suis sentie oppressée. J’étais le pilier de la gestion de cette maison, un peu comme tu veux la vendre tu la gères! comme si je ne vivais plus que pour régler les situations liées à ce dossier.
La maison était belle, mais nous avons eu du mal à la vendre dans le contexte actuel du marché. Les budgets élevés font réfléchir et beaucoup d’acheteurs hésitent à s’engager. Quand nous avons enfin trouvé des acheteurs au mois d’octobre 2024, nous avons pensé que tout allait enfin se débloquer. Leur projet était simple : ils vendaient leur maison et leur commerce, puis rachetaient la nôtre comptant. Les dates semblaient alignées. Mais dans les ventes en cascade, il suffit qu’un maillon bloque pour que toute la chaîne s’arrête.
Les acheteurs de leur maison étaient un couple d’étrangers qui devait obtenir un prêt immobilier en France. Entre les délais bancaires et les contrôles sur l’origine des fonds, tout a pris énormément de temps. Leur vente ne se faisait pas, donc nos acheteurs ne pouvaient pas vendre leur maison, et nous ne pouvions pas vendre la nôtre. À un moment donné, tout le monde s’est retrouvé coincé. Nous avions quitté notre maison depuis deux mois, nos acheteurs avaient quitté la leur pour faciliter la visite d’avant passage notaire et les personnes qui devaient acheter leur maison vivaient à l’hôtel depuis presque trois mois. C’était une chaîne entière de vies suspendues et des rendez de signature annulés.
À cela s’ajoutait un autre élément de pression. Nos acheteurs sont des personnes très âgées. Ils ont acheté cette maison pour préparer l’après : une maison habitable de plain-pied, proche des endroits qu’ils fréquentent, avec un jardin et une piscine dont profiteront leurs petits-enfants. Mais l’un d’eux est gravement malade. Dans les échanges, on lisait ces derniers temps que son état était critique, que la situation pouvait basculer. Donc il y avait cette réalité en toile de fond: s’il venait à décéder avant la signature, nous entrions dans un processus de succession, avec les délais et les incertitudes que cela implique.
Et là, je l’avoue, je n’ai jamais autant prié. J’ai prié pour que l’argent se débloque, pour que la vente se fasse, et même pour que cette personne malade se maintienne en vie le temps que tout soit signé. Parce que derrière cette signature, il y avait aussi une réalité très concrète : nous sommes en location, tout en continuant à payer les charges de la maison. Deux loyers, deux organisations de vie, et l’incertitude permanente. Si nous étions entrés dans un processus de succession, personne ne savait combien de temps cela aurait duré.
Hier c’était complètement irréel. Après de nombreux rebondissements et une relance de ma part au notaire demandant si elle sentait l’odeur du virement 15h toujours pas 16h30 nouveau message ok on signe à 17h30 si vous êtes ok. Une heure pour que tout s’enclenche et Dieu créa la procuration et vit que c’était bon!! Heureusement que nous avions anticipé les procurations car je ne pouvais pas je bougeais. Il a juste couru chez le notaire déposer les clés 20 minutes avant. Sans cela, la signature n’aurait probablement pas pu se faire aussi vite.
Tout le monde était prêt. Nos acheteurs n’étaient déjà plus dans leur maison, ils étaient chez leurs enfants avec leurs affaires dans un camion. Les compteurs d’électricité et d’eau étaient déjà en train d’être transférés à leur nom alors que la maison nous appartenait encore juridiquement. Tout le monde attendait ce moment. C’était un véritable compte à rebours.
Quand la confirmation est arrivée et que tout s’est signé, j’ai pleuré, mon fils n’a rien compris. Mais ce n’étaient pas des pleurs de tristesse. C’étaient des pleurs de décharge. Comme un bébé qui relâche enfin la pression. Après des mois à porter ce dossier, à gérer les échanges, les blocages, les incertitudes, le corps lâche tout d’un coup.
Alors oui, je continuerai sûrement à partager des photos ou des vidéos de cette maison. Parce que je l’ai imaginée, pensée. J’y ai vécu aussi une partie heureuse de ma vie et cela fait partie de mon histoire. Mais regarder ces souvenirs ne veut pas dire que cela me manque. C’est simplement une page de vie. Un peu comme on regarde les photos d’un voyage ou les photos d’une grossesse : on peut ressentir de la nostalgie sans avoir envie d’y retourner.
Bon voilà les amis. Je ne suis pas triste. Je me sens libérée et soulagée. Et oui, j’en ai même pleuré, mais ce sont des pleurs de décharge. Ceux qui disent simplement : “Waouh… enfin je peux chercher sereinement mon futur chez moi.”
Je vais aussi prendre le temps de faire un bel album souvenir de cette maison. Un album avec les différentes étapes, les photos, et aussi les articles de blog que j’avais écrits au fil du projet. Si vous voulez les relire, je vous remets d’ailleurs les liens ici : pièce par pièce, les choix, l’aménagement, tout ce que j’avais imaginé. Ce sera simplement un souvenir de cette maison, de ce chapitre de vie. Pas pour m’y accrocher, pas pour la garder d’une manière ou d’une autre, mais juste pour garder une trace de ce qui a existé. Comme on garde un album de voyage ou un album de naissance. Je m’en détache pour laisser l’espace à ceux qui en a pris possession et leurs petits enfants de s’en attacher, c’est désormais chez eux!
Ça fait partie de l’histoire… et maintenant, on avance vers la suite.
Un merci particulier à Aurélie et Emmanuelle, qui se sont vraiment investies pour que cette vente aboutisse. Entre les échanges, les relances et même les visites le dimanche, vous avez clairement tout donné pour que les choses avancent.
Maintenant, je peux penser à l’après.
Xoxo 💋
En savoir plus sur Plusfunlavie by Nadia
Abonnez-vous pour recevoir les derniers articles par e-mail.

