Exposer ses enfants sur Internet : et si le vrai débat était ailleurs ?

À chaque fois qu’un fait divers dramatique touche un enfant, le débat revient : faut-il montrer ses enfants sur Internet ? Faut-il publier leurs photos ? Je comprends ces interrogations. Une photo peut être récupérée, détournée ou utilisée par des personnes mal intentionnées. Ce risque existe et personne ne devrait le nier. Mais j’ai parfois l’impression que nous passons beaucoup de temps à discuter du comportement des victimes potentielles et pas assez de celui des agresseurs.

Dans beaucoup de débats, on demande surtout aux personnes susceptibles de subir un acte de s’adapter : ne porte pas telle tenue, ne rentre pas seule, ne sors pas à telle heure, ne publie pas telle photo, ne montre pas tes enfants. Bien sûr que certaines précautions peuvent être utiles dans la vie quotidienne. Mais pourquoi le poids de la prévention repose-t-il si souvent sur ceux qui risquent de subir les actes plutôt que sur ceux qui les commettent ? Le vrai problème reste toujours l’agresseur. Tant qu’on passera davantage de temps à expliquer comment éviter les dangers qu’à réfléchir à la manière de dissuader, détecter, sanctionner et empêcher les agresseurs de passer à l’acte, on continuera à traiter davantage les conséquences que la cause.

Ce qui me gêne aussi dans certains débats autour des enfants sur les réseaux sociaux, c’est l’impression que l’on réduit leur protection à leur présence ou non sur Internet. Pourtant, la réalité est bien plus complexe. Les violences et les abus envers les enfants ne naissent pas uniquement derrière un écran. Ils existent aussi dans les familles, chez des proches, dans le voisinage, à l’école ou dans des environnements considérés comme sûrs. Lorsqu’une photo est récupérée sur Internet, le risque est réel. Mais dans la vie réelle, certains enfants subissent des violences psychologiques, physiques ou sexuelles de la part de personnes qu’ils connaissent parfaitement. Aussi difficile soit-il de l’admettre, les prédateurs ne vivent pas uniquement sur les réseaux sociaux.

L’histoire de la petite L nous rappelle malheureusement cette réalité. Le danger n’est pas arrivé par Internet mais par son environnement proche. Cela ne signifie pas qu’il faut ignorer les risques du numérique, mais cela montre que ne pas exposer ses enfants sur Internet ne protège pas de tout. Aucun parent ne peut contrôler toutes les personnes que son enfant croisera au cours de sa vie.

Pour moi, la règle la plus importante reste le dialogue. Apprendre à nos enfants ce qui est normal ou non, leur expliquer qu’ils ont le droit de dire non, que leur corps leur appartient et qu’ils peuvent venir nous parler sans peur ni honte. Cette éducation est utile sur Internet, mais aussi dans tous les autres espaces de leur vie. Un enfant ne pourra jamais être totalement isolé des dangers du monde, mais il peut apprendre à reconnaître certaines situations anormales et savoir vers qui se tourner.

Ne pas exposer ses enfants sur Internet est un choix parfaitement respectable. Les exposer de manière raisonnable en est un autre. Chaque parent place le curseur où il le souhaite. En revanche, je trouve dommage que certains parents soient systématiquement culpabilisés comme si publier une photo de leur enfant faisait automatiquement d’eux des parents irresponsables : la réalité est bien plus nuancée que cela.

Au fond, le vrai sujet n’est pas seulement l’exposition numérique. Le vrai sujet est la protection des enfants partout : sur Internet, à l’école, dans les activités, dans les familles et dans tous les lieux où ils évoluent. Parce qu’au final, la question n’est pas uniquement de savoir où se trouve l’enfant.

La question est surtout de savoir comment empêcher ceux qui choisissent de lui faire du mal de passer à l’acte. Je suis une maman de deux enfants. Comme beaucoup de parents, je me pose des questions sur leur sécurité, leur éducation et le monde dans lequel ils grandissent.

Quand j’entends certains débats, j’ai parfois l’impression que l’on cherche des solutions uniquement du côté des victimes potentielles ou de leurs parents. Pourtant, en tant que mère, je sais que je ne pourrai jamais contrôler chaque personne que mes enfants croiseront dans leur vie. Je peux les éduquer, les écouter, leur apprendre à reconnaître ce qui est normal ou non, mais je ne peux pas supprimer tous les risques.

C’est aussi pour cela que je trouve important de ne pas réduire la protection des enfants à leur présence sur Internet. Les dangers existent en ligne, mais ils existent également dans le monde réel, parfois au sein même des environnements que l’on considère comme les plus sûrs.

Mon rôle de parent n’est pas seulement de surveiller les écrans. C’est aussi de construire une relation de confiance suffisamment forte pour que mes enfants sachent qu’ils peuvent toujours venir me parler, quoi qu’il arrive.

Prenons soin de nous et de nos minis

Xoxo 💋


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