Je fuis la négativité… excusez-moi, chers humains

Bienvenue dans ta safe place, cet espace où l’on peut parler librement des sujets qui nous traversent, nous bousculent et nous font parfois douter. Les questions que je reçois, les échanges du quotidien et les expériences partagées m’amènent régulièrement à poser mes réflexions sur le blog, parce qu’une conversation peut parfois faire écho à beaucoup d’autres histoires.

Aujourd’hui, nous allons parler de cette négativité que certaines personnes transportent partout avec elles et finissent, parfois sans même s’en rendre compte, par déposer chez les autres. Ces derniers temps, une phrase me revient souvent : je fuis la négativité… excusez-moi, chers humains.

Je ne demande pas que tout le monde aille bien

Je préfère le préciser dès le début : je ne fuis pas les personnes qui traversent une période difficile. Nous avons tous des moments pendant lesquels nous avons besoin de parler, de pleurer, de râler ou simplement d’être écoutés. Moi la première. La vie n’est pas une succession de voyages, de bonnes nouvelles et de jolies photos. Il y a aussi les inquiétudes, les déceptions, les échecs et ces journées où tout nous agace sans que nous sachions vraiment pourquoi. Être présente pour les personnes que j’aime fait partie de mes valeurs. En revanche, je fais une différence entre quelqu’un qui va mal et quelqu’un qui entretient constamment une ambiance négative. Une mauvaise période peut arriver à tout le monde. Trouver un problème à chaque solution, critiquer tout ce qui bouge et refroidir systématiquement l’enthousiasme des autres, c’est autre chose.

Certaines conversations épuisent

Vous connaissez certainement ces échanges après lesquels vous vous sentez soudainement vidée. Vous étiez pourtant arrivée de bonne humeur, avec un projet ou une petite nouvelle à partager. Quelques minutes plus tard, vous repartez avec des doutes qui ne vous appartenaient même pas. Vous annoncez une envie ? On vous explique immédiatement pourquoi elle ne fonctionnera pas. Vous partagez une réussite ? On cherche le détail qui permettra de la minimiser. Vous racontez un bon moment ? On trouve rapidement une raison de vous rappeler que vous n’auriez peut-être pas dû autant en profiter. À force, cela fatigue. J’ai déjà mes responsabilités, mes inquiétudes et mes propres combats. Je n’ai pas besoin de récupérer, en supplément, les peurs que les autres projettent sur ma vie. Mon enthousiasme n’est pas une invitation à me décourager.

Donner son avis ne signifie pas casser

Je suis parfaitement capable d’entendre un avis différent du mien. Un conseil concret, une mise en garde ou une question à laquelle je n’avais pas pensé peuvent même m’éviter certaines erreurs. Mais il existe une grande différence entre vouloir aider quelqu’un à réfléchir et chercher systématiquement à éteindre son envie. Dire : « As-tu pensé à ce point-là ? » permet d’ouvrir une discussion. Dire : « De toute façon, cela ne fonctionnera jamais » la ferme immédiatement. Je peux avoir besoin que l’on me ramène un peu sur terre, mais certainement pas que l’on m’y enterre avec tous mes projets. Nous avons parfois tendance à présenter notre pessimisme comme du réalisme. Pourtant, prévoir les difficultés n’oblige pas à annoncer l’échec avant même que l’autre ait commencé. On peut être honnête sans être brutal, prudent sans être décourageant et sincère sans casser ce que l’autre essaie de construire.

Mon énergie n’est pas illimitée

Entre mon travail, mes enfants, le quotidien, mes projets et tous les imprévus qui viennent régulièrement se glisser dans le programme, mon énergie mérite un minimum de sélection. Je veux pouvoir être disponible pour mes proches, mais aussi garder de la place pour rire, créer, voyager, me reposer et profiter de ce qui va bien. Je ne souhaite plus terminer certaines conversations avec une fatigue supplémentaire dont je ne sais même plus quoi faire. Je ne veux plus passer mon temps à rassurer des personnes qui refusent toutes les solutions, ni défendre chacune de mes décisions comme si je présentais un dossier devant un tribunal. Protéger mon énergie ne signifie pas devenir insensible. Cela veut simplement dire que je commence aussi à me compter parmi les personnes dont je dois prendre soin.

Comprendre n’oblige pas à tout accepter

Avec le temps, j’ai appris que l’on pouvait comprendre le comportement d’une personne sans pour autant tout accepter. Je peux entendre qu’elle souffre, reconnaître ses blessures et respecter son histoire. Mais cela ne m’oblige pas à devenir l’endroit où elle dépose continuellement sa colère, ses critiques et son amertume. L’empathie ne doit pas se transformer en épuisement. Être là pour quelqu’un ne signifie pas se sacrifier jusqu’à ne plus avoir d’énergie pour soi-même. Et poser une limite ne fait pas automatiquement de nous une mauvaise personne. Je peux dire que je ne souhaite pas participer à une conversation uniquement basée sur la critique. Je peux changer de sujet, répondre moins souvent ou prendre de la distance lorsque chaque échange finit par me peser. Je ne cherche pas forcément à punir quelqu’un ou à provoquer un conflit. Je protège simplement une paix intérieure que j’ai mis du temps à construire.

Je regarde aussi ma propre attitude

Évidemment, je ne me place pas au-dessus des autres. Moi aussi, je peux râler, me plaindre, ressasser une situation ou laisser une mauvaise journée prendre trop de place. Il m’arrive également d’avoir besoin que l’on m’écoute sans chercher immédiatement à régler mon problème. Mais je veux être capable de m’en rendre compte. Je veux pouvoir vider mon sac sans installer tout son contenu dans le salon des autres. Je peux traverser une période compliquée sans faire de mon mal-être une identité ni imposer mon humeur à toutes les personnes qui m’entourent. Fuir la négativité, c’est donc aussi apprendre à surveiller celle que l’on peut soi-même diffuser. On ne peut pas réclamer des relations plus légères tout en apportant systématiquement de la lourdeur dans chaque échange.

Je veux laisser de la place à ce qui va bien

Il y aura toujours suffisamment de difficultés dans une vie. Je refuse donc de culpabiliser lorsque j’ai envie de profiter de ce qui fonctionne. Je veux pouvoir raconter une bonne nouvelle sans la minimiser, parler d’un projet sans devoir immédiatement le défendre et savourer un moment heureux sans que quelqu’un ressente le besoin de me rappeler que le monde va mal. Apprécier ce qui va bien ne signifie pas nier les problèmes. C’est simplement refuser de leur donner toute la place. Je veux des relations dans lesquelles nous pouvons nous soutenir pendant les périodes compliquées, mais également célébrer nos réussites sans comparaison ni jalousie. Des personnes capables de dire une vérité inconfortable avec respect, d’encourager sincèrement et de comprendre que le bonheur de l’autre ne leur retire absolument rien.

Excusez-moi, chers humains

Alors oui, je fuis les critiques gratuites, les plaintes permanentes, les petites piques cachées derrière l’humour et les personnes qui trouvent toujours une raison de décourager les autres. Je ne fuis pas vos émotions, vos difficultés ni votre besoin d’être écoutés. Je prends simplement mes distances avec ce qui m’épuise inutilement, m’empêche d’avancer ou dépose dans mon esprit des peurs qui ne m’appartiennent pas. Excusez-moi, chers humains… j’ai encore de belles choses à vivre et j’aimerais garder un peu d’énergie pour elles.

Xoxo 💋


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