Quand la discrétion devient un piège : le poids du « kanga motema »

La discrétion dans le couple : valeur ou injonction ?

Dans beaucoup de cultures et de familles, on nous apprend très tôt qu’un couple doit rester discret. Les conflits, les difficultés, les tensions… tout cela devrait rester derrière la porte du foyer.On répète souvent que les problèmes doivent se régler à deux, en privé, sans exposer sa vie à l’extérieur. Sur le principe, cette idée peut sembler saine. Personne n’a envie de transformer ses problèmes de couple en sujet public.L’intimité est importante et certaines choses n’ont effectivement pas vocation à être racontées à tout le monde. Mais cette règle, quand elle devient absolue, peut aussi se transformer en piège car dans certaines situations, la discrétion ne protège plus le couple, elle protège simplement le silence.

Quand le huis clos devient dangereux

Un couple fonctionne sur l’écoute, le dialogue et le respect mutuel.Tant que ces éléments existent, beaucoup de conflits peuvent effectivement être résolus à deux.Mais lorsque la communication est bloquée, que l’un des partenaires refuse d’entendre l’autre ou que la situation se répète sans jamais évoluer, rester enfermés dans le huis clos du couple peut aggraver les choses. Dans ces cas-là, le silence peut devenir une forme d’isolement.Personne ne voit ce qui se passe, personne ne peut intervenir, conseiller ou simplement aider à remettre les choses en perspective.Parfois, certaines situations changent justement parce qu’elles ne sont plus cachées, parce que quelqu’un a osé en parler, parce qu’un regard extérieur a permis de briser une dynamique qui semblait impossible à modifier.

Le poids du « kanga motema »

Dans certaines cultures africaines, notamment dans certaines communautés congolaises, on utilise l’expression « kanga motema », qui signifie littéralement « attacher son cœur » ou « fermer son cœur ». Cette expression est souvent utilisée pour encourager à supporter les difficultés du mariage, à prendre sur soi et à continuer malgré les épreuves. À première vue, cela peut être vu comme une forme de courage ou de résilience. L’idée est de ne pas abandonner à la première tempête et de préserver le mariage. Mais dans la pratique, cette injonction peut aussi enfermer certaines personnes dans des relations profondément douloureuses. On leur demande de supporter, de se taire et de ne pas exposer les problèmes.

Et ce silence finit parfois par protéger surtout celui qui fait souffrir.

À quoi servent les proches autour du couple ? Le mariage n’a jamais été seulement l’histoire de deux personnes isolées. Dans beaucoup de traditions, il s’inscrit dans un réseau de relations : la famille, les amis proches, les témoins de mariage. Ces personnes ne sont pas là uniquement pour célébrer l’union le jour de la cérémonie. Elles représentent aussi un cercle de confiance autour du couple. Dans les moments difficiles, elles peuvent jouer un rôle de soutien, de médiation ou simplement offrir un regard extérieur. Elles permettent parfois de débloquer des situations où les deux partenaires tournent en rond.

Bien sûr, certaines personnes peuvent trahir la confiance ou mal interpréter ce qu’elles entendent. Mais si l’on part du principe que toute personne extérieure est forcément dangereuse, alors on s’interdit toute aide possible. La confiance comporte toujours un risque, l’isolement en comporte parfois davantage.

Sortir du silence

Protéger son couple est important. Mais protéger son couple ne signifie pas s’enfermer dans le silence. Parler ne veut pas forcément dire exposer sa vie ou salir son partenaire. Parler peut simplement vouloir dire chercher du soutien, demander conseil ou essayer de comprendre ce que l’on vit. Certaines situations changent justement parce qu’elles sont mises en lumière. Parce que quelqu’un a osé dire que quelque chose n’allait pas. La discrétion peut être une force. Mais lorsqu’elle devient une obligation absolue, elle peut aussi devenir une cage.

Un couple se construit à deux, mais il ne devrait jamais devenir un endroit où l’on se sent obligé d’attacher son cœur pour continuer à avancer.

Et vous ? Pensez-vous que les conflits de couple doivent toujours rester totalement privés ? Ou qu’il est parfois nécessaire de chercher de l’aide ou un regard extérieur ?

La discussion est ouverte

Xoxo 💋


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2 réflexions sur “Quand la discrétion devient un piège : le poids du « kanga motema »

  1. La discrétion protège le couple… mais le silence peut enfermer.

    Le kanga motema devient dangereux quand “tenir bon” veut dire “souffrir en silence”.

    Parler à quelqu’un de confiance, ce n’est pas trahir son couple c’est parfois se protéger. Un couple ne devrait jamais être un endroit où l’on doit attacher son cœur pour continuer.

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  2. La discrétion protège le couple… mais le silence peut enfermer.

    Le kanga motema devient dangereux quand “tenir bon” veut dire “souffrir en silence”.

    Parler à quelqu’un de confiance, ce n’est pas trahir son couple c’est parfois se protéger. Un couple ne devrait jamais être un endroit où l’on doit attacher son cœur pour continuer.

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