Je me suis rendue compte il y a quelques jours que ça faisait déjà deux ans que j’étais célibataire. Deux ans ! Et le plus drôle dans l’histoire, c’est que cette année, j’ai complètement oublié la date. Pourtant, le 15 octobre 2024, c’est la date à laquelle j’ai décidé de me séparer. Et oui, je suis de celles qui retiennent les dates. Les anniversaires, les événements importants, parfois même des détails dont personne ne se souvient à part moi… vous connaissez. Alors réussir à laisser passer celle-ci sans même m’en rendre compte, ça m’a forcément fait sourire.
L’année dernière, j’avais pris le temps de faire un vrai bilan de cette première année, de revenir sur la séparation, les premières fois, les changements et tout ce que cette nouvelle vie avait entraîné. Vous pouvez d’ailleurs relire mon premier bilan ici : « 15 septembre 13h36… un an déjà : choisir, tomber, se relever, avancer ». Cette année, rien. La date est passée tranquillement et moi, j’étais simplement occupée à vivre. Et finalement, je trouve que c’est peut-être justement ce qu’il y a de plus intéressant dans ce deuxième bilan. La première année, j’avais encore besoin de regarder derrière moi pour mesurer le chemin parcouru.
Deux ans après, la séparation n’est plus le point de départ de chacune de mes réflexions. Je ne me lève pas le matin en me disant que je suis célibataire depuis tant de jours ou tant de mois. Je ne compte plus vraiment les premières fois. Je vis ma vie, tout simplement. Mais je trouve quand même que les bilans sont importants. Pas seulement les bilans de célibat d’ailleurs, les bilans tout court. Prendre quelques minutes pour regarder où l’on était, où l’on en est et ce qui a changé permet parfois de réaliser que l’on a avancé beaucoup plus qu’on ne le pensait. Alors, quitte à avoir oublié la date, autant se rattraper maintenant.
Visiblement, fin septembre et octobre riment avec voyage chez moi
Il y a quand même un hasard assez drôle autour de cette période. Le 30 septembre 2024, quelques jours avant de prendre la décision de me séparer, je partais pour la première fois en voyage avec une inconnue. L’année dernière, à cette même période, j’étais sur la côte amalfitaine pour un voyage solo. Et cette année, j’étais en Albanie, encore une fois avec une personne que je ne connaissais pas à 100% avant de partir. Trois années, trois voyages, trois expériences complètement différentes. Avant que quelqu’un y voit une grande tradition symbolique parfaitement organisée, je vous arrête tout de suite : absolument pas. Chez moi, le prix du billet d’avion a beaucoup plus de poids dans le choix des dates que les anniversaires sentimentaux. Une bonne affaire sur un vol et toute ma symbolique passe au second plan.
Mais je trouve quand même le hasard joli. Cette année, l’Albanie est tombée quasiment pile autour de mes deux ans et je n’y avais même pas pensé. Je ne suis donc pas partie en Albanie pour fêter mon célibat, et ce n’était d’ailleurs pas un voyage solo non plus. J’étais pour vivre une nouvelle expérience dont je vous parlerai bientôt dans un article.
Je rejoins totalement le partage d’Anaïs sur Instagram
Sur Instagram en parlant de mes voyages solo, elle expliquait que j’avais commencé à voyager seule après ma séparation, et que cette expérience avait probablement participé à ma reconstruction tout en devenant une vraie révélation. Je lui avais répondu : « Très bien résumé ». C’est vrai que j’ai découvert quelque chose que j’aime énormément. Mais je n’ai pas envie que ce bilan se résume à mes voyages ou à la liste des choses faites seule. Le plus important, finalement, c’est beaucoup plus simple : aujourd’hui, ma vie me plaît comme elle est.
Parce que je ne suis jamais partie avec un grand plan de reconstruction sous le bras. Je ne me suis pas réveillée après ma séparation en décidant que j’allais devenir « la femme indépendante qui voyage seule » avec la playlist adéquate et quinze citations inspirantes enregistrées dans mon téléphone. J’ai essayé un premier voyage solo, j’ai aimé, puis j’ai recommencé encore et finalement, c’est devenu quelque chose de complètement normal dans ma vie. Je peux partir seule, avec mes enfants, avec des amis ou même avec une inconnue. Je ne voyage plus pour me prouver que je peux faire quelque chose sans être en couple. Je voyage parce que j’aime ça. Et je pense qu’Anaïs avait raison : oui, ça a probablement fait partie de ma reconstruction, mais ça a surtout été une révélation en soi.
On essaie toujours de me caser
Il y a quand même une chose qui n’a pas beaucoup changé en deux ans : les gens veulent toujours vous caser. Il suffit visiblement de rester célibataire suffisamment longtemps pour que la question commence à revenir. « Alors, toujours personne ? », « Tu ne cherches pas ? », « Tu n’as rencontré personne ? ». Comme s’il existait un délai raisonnable de célibat et qu’au-delà il fallait ouvrir une enquête. Deux ans, apparemment, commencent à devenir suffisamment sérieux pour que l’entourage se demande si le poste est toujours vacant.
Sauf que pour l’instant, je me sens bien. Vraiment bien. Je ne ressens pas cette urgence de rencontrer quelqu’un simplement parce que cela fait deux ans. J’en avais déjà parlé ici. Je ne suis pas fermée à l’amour, je ne vais pas non plus annoncer ici que je resterai célibataire jusqu’à 90 ans parce que je n’en sais absolument rien. Mais aujourd’hui, je ne suis pas dans l’attente. Et surtout, je ne ressens pas ce fameux désavantage d’être seule que j’aurais peut-être imaginé avant. Au contraire, j’aime énormément pouvoir décider seule. J’aime organiser mes projets, mes voyages, mes journées et mes envies sans devoir systématiquement les faire entrer dans une décision à deux. Ça ne signifie pas que décider à deux est quelque chose de négatif, mais simplement qu’aujourd’hui ça ne me manque pas.
Et finalement, je comprends beaucoup mieux mon amie
Ce qui me fait sourire, c’est que j’avais raconté dans un précédent article qu’à la séparation d’une amie, c’était moi qui essayais de la pousser à rencontrer quelqu’un. J’étais de celles qui voulaient gentiment la recaser, persuadées qu’il fallait bien, un jour, « refaire sa vie ». Elle me disait qu’elle était bien, qu’elle n’en avait pas envie et qu’elle ne cherchait pas à être de nouveau avec quelqu’un à tout prix. À l’époque, je l’entendais sans vraiment comprendre ce qu’elle ressentait. Aujourd’hui, je comprends parfaitement. Comme quoi, il aura fallu que je passe de l’autre côté pour arrêter de jouer les agences matrimoniales bénévoles.
On peut aimer l’idée du couple, avoir connu une belle histoire et être ouverte à ce que la vie nous réserve, sans avoir envie de chercher activement une nouvelle relation. On peut aussi avoir envie de profiter d’une période qui nous convient, sans la présenter comme une attente entre deux histoires d’amour. Je crois que c’est précisément ça que je comprends mieux aujourd’hui, et que j’aurais aimé comprendre lorsque mon amie essayait de me l’expliquer.
Le plus étrange serait presque de devoir réapprendre à penser à deux : Cette liberté de décider seule, je l’aime bien!
Et contrairement à ce que l’on imagine parfois, je ne trouve pas fatigant de décider seule. Pour l’instant, c’est même l’un des aspects de mon quotidien que j’apprécie le plus. Organiser mes journées, choisir mes projets, prévoir mes voyages, changer d’avis sans devoir réunir un conseil d’administration… ça me va très bien ! Bien sûr, décider à deux peut être une belle chose lorsqu’on partage sa vie avec quelqu’un, mais aujourd’hui je ne ressens pas ce manque-là.
Je dirais même que si je devais me remettre en couple, il faudrait probablement que je réapprenne à faire certaines choses à deux. Rien d’insurmontable, mais ce n’est pas un changement que j’ai particulièrement envie de provoquer pour l’instant. Je n’ai pas besoin que quelqu’un arrive pour que ma vie commence, ni pour lui donner une valeur supplémentaire aux yeux des autres. Si je partage de nouveau ma vie avec une personne un jour, j’espère que ce sera parce qu’on en aura réellement envie tous les deux, pas parce qu’il faut bien rentrer dans une case. Et j’aime pouvoir le dire sans avoir l’impression de me justifier. Deux ans après, je ne suis pas en train de défendre le célibat comme le meilleur mode de vie du monde ; je dis simplement que, pour moi, aujourd’hui, il me convient.
Et si ce qui vous retient, c’est la peur de l’après ?
Je ne vais évidemment pas vous dire de quitter votre conjoint dès que votre couple traverse une mauvaise période. Chaque histoire est différente et personne de l’extérieur ne peut décider à votre place de ce qui mérite d’être sauvé ou non. Mais si vous êtes déjà dans cette situation où, au fond de vous, vous savez que vous voulez partir et que ce qui vous retient essentiellement est la peur de ce qu’il va se passer ensuite, alors je peux au moins vous partager ce que j’ai appris pendant ces deux années.
On pense évidemment aux grandes questions : les enfants, l’argent, le logement, l’organisation, les vacances, les week-ends, toutes les démarches. Mais il y a aussi toutes ces peurs que l’on ne dit pas toujours à voix haute. Est-ce que je vais m’en sortir ? Est-ce que je vais finir seule ? Est-ce que je vais m’ennuyer ? Est-ce que mes week-ends vont devenir interminables ? Est-ce que je vais regretter simplement parce qu’un samedi soir sera plus calme que d’habitude ? Avant même de partir, on peut réussir à écrire dans notre tête les dix prochaines années de notre future solitude, et bizarrement on choisit rarement la version où tout se passe plutôt bien.
Pourtant, vous ne savez pas encore ce que votre après peut contenir. Moi non plus, je ne le savais pas. Je ne savais pas que j’allais découvrir les voyages solo, aimer autant mon autonomie (bien que je l’étais déjà) ou simplement arriver à un stade où deux ans après je serais capable d’oublier la date anniversaire de ma séparation. Cela ne signifie pas que tout sera facile, ni que l’on ne peut jamais ressentir de solitude. Mais il y a une chose que j’ai vraiment envie de retenir : avoir peur de l’après ne signifie pas forcément que l’avant nous convient encore. On peut rester longtemps dans quelque chose que l’on connaît simplement parce que l’inconnu nous fait peur, alors que cet inconnu peut aussi contenir de très belles choses.
Un petit message pour celles et ceux qui sont encore en plein doute
Si vous êtes en train de vivre cette période de questionnement, je ne vais pas vous expliquer ce que vous devez faire. Mais essayez au moins de ne pas prendre toute votre décision uniquement à partir de vos peurs. La peur d’être seule, de ne pas y arriver, de regretter, du regard des autres ou de ne jamais rencontrer quelqu’un d’autre. Posez-vous plutôt la question de savoir ce que vous voulez réellement et si vous êtes encore dans cette relation parce que vous la choisissez ou simplement parce que l’idée d’en sortir vous effraie.
Et surtout, n’essayez pas de résoudre aujourd’hui les cinq prochaines années de votre vie. Vous n’avez pas besoin de connaître immédiatement toutes les réponses. Les choses arrivent progressivement. Une première semaine, une nouvelle organisation, une décision, puis une autre. Et parfois, ce qui paraissait insurmontable devient quelques mois plus tard quelque chose de totalement normal. Certaines choses feront mal, d’autres vous mettront en colère, certaines n’auront peut-être aucun sens sur le moment. Mais une période difficile n’est pas forcément la fin de votre histoire. La vie peut encore vous surprendre, vous faire prendre une autre direction et vous offrir des choses que vous n’aviez absolument pas prévues.
Vous n’avez pas non plus besoin de « réussir » votre séparation. Pas besoin de devenir immédiatement une superwoman indépendante qui voyage seule au bout du monde, médite à 5 h 30, fait du sport quatre fois par semaine et reconstruit une vie parfaite en trois mois. Faites à votre rythme. Votre après n’a pas besoin de ressembler au mien ni à celui de quelqu’un d’autre. Et surtout, ne restez pas quelque part uniquement parce que vous avez peur de ce que vous pourriez trouver en partant.
Deux ans après, je vais bien
Finalement, mon bilan tient presque dans cette phrase : je vais bien. Pas « je vais bien malgré ma séparation ». Pas « je vais bien parce que j’ai prouvé que je pouvais vivre seule ». Juste : je vais bien. Aujourd’hui, je ne ressens pas qu’il manque obligatoirement quelqu’un au milieu de tout ça.
Et je ne sais pas combien de bilans comme celui-ci je vais encore écrire. Est-ce qu’au bilan des trois ans je serai toujours célibataire ? Celui des quatre ans ? Est-ce qu’un jour je vais commencer un article par « Bon… cette fois-ci, il y a quelqu’un » ? Je n’en sais absolument rien. Mais j’aime l’idée de garder une trace de ces différentes étapes. Mon premier bilan racontait encore beaucoup la séparation et tout ce qu’il fallait apprendre à vivre autrement. Celui-ci raconte surtout une femme qui a continué son chemin au point d’oublier de regarder le calendrier. Et quelque part, je trouve que c’est une très belle étape.
Alors, avec un peu de retard : joyeux deux ans à moi. Rendez-vous pour les trois ans de célibat… ou pas, ah ah.
Xoxo 💋
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Bonjour Nadia,
Le temps sait aplanir certaines choses et en te lisant je me suis posé la question. Que me reste t-il de ma plus belle rupture. Rien de de poignant , j’en parle avec un grand détachement incroyable. Bisous Nadia
clem.st
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