Il y a quelque temps, lors d’une discussion avec des amis, nous avons abordé un sujet sur lequel j’ai des convictions assez fortes : les histoires familiales, les croyances, les blessures du passé et toutes ces choses que l’on considère parfois comme des héritages auxquels il serait impossible d’échapper. Vous savez, ces situations où l’on vous explique que si telle chose vous arrive aujourd’hui, c’est probablement parce qu’elle est déjà arrivée à votre mère, à votre père, à votre grand-mère ou à je ne sais quel autre membre de votre famille. Comme si notre vie était finalement une répétition de celle des générations précédentes et que nous n’avions pas vraiment notre mot à dire.
On hérite d’une histoire, mais pas forcément d’un destin
Moi, je suis plutôt de celles qui pensent que certaines choses peuvent se transmettre. Je ne remets pas forcément en question l’influence de notre éducation, de notre environnement familial, de nos croyances ou même des blessures qui traversent parfois plusieurs générations. Mais là où je ne suis pas d’accord, c’est lorsqu’on transforme cette transmission en une sorte de fatalité. Parce que ce n’est pas parce qu’une personne de ma famille a vécu quelque chose que je suis obligée de vivre la même chose. Ce n’est pas parce qu’on me raconte une histoire que je dois me l’approprier, et ce n’est pas parce qu’une situation existe depuis plusieurs générations qu’elle doit obligatoirement continuer avec moi.
Pour moi, il faut savoir briser les chaînes. Et je ne parle pas nécessairement de couper les liens avec sa famille, de renier ses origines ou de rejeter toutes les traditions. Je parle simplement de cette liberté que nous devrions tous avoir de décider ce que nous souhaitons conserver de notre histoire et ce que nous refusons de perpétuer.
Les paroles des autres ne doivent pas devenir notre vérité
Prenons un exemple tout simple. Un enfant à qui l’on répète régulièrement qu’il est bête, qu’il ne réussira jamais rien, qu’il n’est pas capable de faire ceci ou cela. À force d’entendre ces paroles, il peut finir par y croire. Elles peuvent s’installer dans sa tête, le suivre pendant des années et influencer la manière dont il se perçoit. Mais est-ce que cela signifie que cet enfant est réellement bête ? Qu’il est condamné à échouer parce qu’un adulte, un parent ou une autre personne l’a affirmé un jour ? Bien évidemment que non.
Et pourtant, combien de personnes grandissent en portant encore les paroles qu’on a prononcées sur elles pendant leur enfance ? Combien continuent à se limiter parce qu’on leur a fait croire qu’elles n’étaient pas capables de faire certaines choses ? Pour moi, c’est aussi cela, briser les chaînes. C’est pouvoir se dire qu’on a entendu ces paroles, qu’elles nous ont peut-être blessés, qu’elles ont parfois laissé des traces, mais qu’on n’est pas obligé de les accepter comme une vérité. Ce n’est pas parce qu’une personne a décidé de nous définir d’une certaine manière que nous devons passer notre vie à correspondre à cette définition.
Alors évidemment, je sais bien qu’il ne suffit pas toujours de décider de tourner la page pour que toutes les blessures disparaissent. Certaines paroles font énormément de dégâts et il faut parfois du temps pour retrouver confiance en soi. Mais ce que je refuse, c’est l’idée qu’une parole prononcée dans notre passé aurait définitivement le pouvoir de décider de notre avenir. On peut avoir grandi avec certaines croyances sur soi et apprendre, avec le temps, à s’en détacher.
Les rêves, les prédictions et cette angoisse dont je ne veux pas
Il y a quelque chose qui me caractérise assez bien : je n’aime pas qu’on vienne me raconter des rêves inquiétants ou me rapporter ce que quelqu’un aurait vu, ressenti ou prédit à mon sujet. Je sais que dans certaines familles et certaines cultures, notamment africaines, ces choses occupent une place importante. Je sais aussi que les personnes qui viennent nous raconter cela pensent parfois bien faire, qu’elles souhaitent nous prévenir ou nous protéger. Mais moi, personnellement, je préfère ne pas savoir.
Pourquoi ? Tout simplement parce que je me connais. Si quelqu’un vient m’annoncer qu’il a fait un mauvais rêve me concernant, qu’est-ce que je vais faire de cette information ? Je risque d’y penser, de me poser mille questions, de chercher ce que cela pourrait signifier et de commencer à m’inquiéter pour quelque chose qui ne se produira peut-être jamais. Et comme je suis croyante, je pourrais même me retrouver à me dire qu’il faut que je prie davantage, que je fasse attention à certaines choses, que je sois plus vigilante. Finalement, une personne arrive avec son rêve et repart tranquillement, tandis que moi, je me retrouve avec une angoisse que je n’avais absolument pas demandée. Merci pour le cadeau !
C’est exactement ce que je cherche à éviter. Je ne veux pas vivre dans l’anticipation permanente d’un malheur parce que quelqu’un a rêvé de quelque chose. Je ne veux pas me réveiller chaque matin en me demandant si telle prédiction va se réaliser ou si tel événement est le signe de quelque chose de mauvais. Il y a déjà suffisamment de préoccupations dans la vie quotidienne pour ne pas y ajouter celles qui proviennent des rêves des autres.
Et je tiens à préciser que cela ne signifie pas que je rejette la foi ou toutes les croyances spirituelles. Bien au contraire, j’ai mes convictions. Mais justement, je fais une différence entre croire en Dieu et vivre dans la peur de ce que les autres annoncent. Je ne veux pas que ma relation avec Dieu soit uniquement alimentée par la crainte qu’une mauvaise chose puisse m’arriver. Je veux pouvoir prier parce que j’en ressens le besoin, parce que cela fait partie de ma foi, et non parce qu’on vient de me raconter un rêve qui m’a mise dans tous mes états.
Quand notre culture cherche une explication à tout
Je vais parler ici d’un aspect que je retrouve parfois dans certaines discussions au sein de nos cultures africaines. Cette tendance à vouloir chercher, derrière chaque événement de la vie, une explication familiale, spirituelle ou ancestrale. Attention, je ne dis pas que tout le monde fonctionne ainsi et je ne cherche pas non plus à critiquer l’ensemble de nos traditions. Mais je pense que beaucoup comprendront de quoi je parle. Il suffit parfois qu’une difficulté survienne pour que quelqu’un commence à chercher si un parent, un grand-parent ou un autre membre de la famille n’a pas vécu quelque chose de similaire.
On vous explique alors que ce n’est peut-être pas un hasard, qu’il faudrait chercher plus loin, comprendre ce qui s’est passé dans la famille, voir si cela ne se répète pas depuis plusieurs générations. Et moi, c’est là que je décroche un peu. Pourquoi faudrait-il nécessairement chercher une origine mystérieuse à tout ce qui nous arrive ? Pourquoi une difficulté ne pourrait-elle pas simplement être une difficulté ? Pourquoi un échec, une séparation ou une mauvaise expérience devraient-ils forcément être rattachés à une histoire familiale qui nous dépasse ?
Je ne nie absolument pas que notre histoire familiale puisse avoir des conséquences sur notre manière de fonctionner. On peut reproduire inconsciemment certains comportements qu’on a observés pendant l’enfance, tout comme on peut avoir du mal à se détacher de certaines croyances avec lesquelles on a grandi. Mais entre reconnaître cette influence et considérer que notre vie est déjà écrite par les générations précédentes, il y a une énorme différence. Et c’est précisément cette différence que je tiens à défendre.
Non, ma séparation n’est pas la conséquence du divorce de mes parents
Je vais prendre un exemple qui me concerne directement, parce que c’est aussi quelque chose que j’ai déjà entendu. Je suis une enfant de parents divorcés et, depuis ma propre séparation, certaines personnes ont fait le rapprochement entre les deux. Comme si le fait que mes parents se soient séparés pouvait expliquer pourquoi, des années plus tard, je me suis séparée à mon tour. Et franchement, ce genre de raisonnement m’étonne toujours.
Non, je ne me suis pas séparée parce que mes parents ont divorcé. Je me suis séparée parce qu’une relation entre deux personnes n’a pas fonctionné comme nous l’aurions souhaité. Pourquoi faudrait-il nécessairement aller chercher une explication dans l’histoire de mes parents ? Tous les enfants de parents divorcés ne divorcent pas. Et inversement, tous les enfants qui ont grandi avec leurs deux parents sous le même toit ne restent pas en couple toute leur vie. Heureusement que les choses ne fonctionnent pas de manière aussi automatique !
Bien sûr, je ne suis pas en train de dire que l’enfance ne joue aucun rôle dans notre manière d’envisager le couple. Nous grandissons tous avec des modèles, des expériences et des représentations qui peuvent influencer nos relations. Mais une influence n’est pas une condamnation. Ce n’est pas parce que deux situations se ressemblent qu’elles ont nécessairement la même cause. Mes parents ont eu leur histoire, leurs difficultés, leurs choix et leurs raisons. Moi, j’ai les miens. Nous sommes des personnes différentes, avec des parcours différents, même si nous appartenons à la même famille.
Et surtout, qu’aurait-il fallu faire ? Rester dans une relation qui ne fonctionne plus simplement pour prouver que je ne reproduis pas le divorce de mes parents ? Continuer à vivre avec quelqu’un avec qui je ne m’entends plus pour que personne ne puisse dire que l’histoire familiale se répète ? Mais quel serait le sens de tout cela ? Deux personnes qui ne s’entendent plus ne vont pas rester ensemble uniquement pour maintenir une apparence ou pour démontrer qu’elles ont réussi à échapper à une prétendue fatalité familiale.
Pour moi, briser les chaînes ne signifie pas nécessairement faire le contraire de ce que nos parents ont fait. Cela signifie surtout être libre de prendre ses propres décisions. Si je reste dans une relation, je veux que ce soit parce que j’y suis bien et que j’ai envie d’y être. Et si je décide de partir, je ne veux pas avoir à porter, en plus de ma propre histoire, celle de mes parents. Je suis leur fille, évidemment, mais je ne suis pas la répétition de leur vie.
Les histoires de famille ne sont pas toutes les nôtres
Au-delà du couple, il y a aussi toutes ces histoires familiales que l’on se transmet parfois pendant des années. Des conflits entre frères et sœurs, des parents qui ne se parlent plus avec leurs enfants, des rancœurs anciennes, des ruptures qui remontent à plusieurs décennies et dont les générations suivantes finissent parfois par hériter. On grandit en entendant que telle personne ne parle plus à telle autre, que cette branche de la famille a fait ceci ou cela, ou qu’il existe des tensions dont on ne connaît même pas toujours l’origine.
Et là encore, je pense qu’il est important de savoir faire la part des choses. On peut avoir connaissance d’une histoire sans être obligé de la poursuivre. Si deux personnes de ma famille sont en conflit depuis vingt ans, pourquoi devrais-je automatiquement considérer que leur conflit est aussi le mien ? Si quelqu’un a vécu une souffrance ou une injustice, je peux parfaitement reconnaître ce qu’il a traversé sans pour autant devoir construire ma propre vie autour de cette histoire.
Je trouve même dommage que certaines personnes se retrouvent à entretenir des conflits dont elles ne connaissent parfois que des morceaux, simplement par fidélité familiale. Comme si aimer sa famille signifiait obligatoirement prendre parti, adopter les mêmes rancœurs ou continuer à se méfier des mêmes personnes. Pourtant, on peut être loyal envers les siens sans reprendre à son compte toutes leurs blessures.
Je n’ai pas envie de transmettre à mes enfants des conflits qu’ils n’ont pas vécus, des peurs qui ne leur appartiennent pas ou des obligations de détester certaines personnes parce que d’autres l’ont décidé avant eux. Je veux qu’ils puissent se construire avec leur propre regard, leurs propres expériences et leur propre capacité de jugement. Ce qui s’est passé avant leur naissance peut faire partie de leur histoire familiale, mais cela ne doit pas nécessairement devenir leur problème.
Même dans la transmission des prénoms, je vois les choses autrement
Il y a un autre sujet sur lequel ma manière de penser se manifeste, et je sais que tout le monde ne sera pas d’accord avec moi : la transmission des prénoms. Dans beaucoup de familles, il est courant de donner à un enfant le prénom d’un parent, d’un grand-parent, d’un oncle, d’une tante ou d’une personne que l’on admire particulièrement. Cela peut être une manière de rendre hommage à quelqu’un qu’on aime, de perpétuer sa mémoire ou simplement de maintenir une tradition familiale. Je comprends parfaitement que cela ait une signification particulière pour certaines personnes.
Mais personnellement, je n’ai jamais été attirée par cette pratique. Je n’ai jamais souhaité donner à mes enfants le prénom d’un membre de la famille simplement parce que cette personne était gentille, appréciée ou importante à mes yeux. Et je vais même aller plus loin : je n’aimerais pas que mes enfants donnent un jour mon prénom à leurs propres enfants. Je sais que pour certains, ce serait un immense honneur, mais moi, ce n’est pas quelque chose que je recherche.
Ce n’est pas une question de superstition ni parce que je pense qu’un enfant qui porte le prénom de sa grand-mère va forcément vu reproduire son histoire. Je sais très bien qu’un prénom ne détermine pas le destin d’une personne. C’est simplement ma manière de voir la transmission et l’identité. J’aime l’idée que chaque enfant arrive avec son propre prénom, quelque chose qui lui appartient, plutôt que de recevoir celui d’une personne à qui l’on souhaite rendre hommage. On lui transmet déjà un nom de famille, une histoire, des origines, une culture et tout un tas de choses qu’il n’a pas choisies. Pour ma part, je trouve que c’est déjà largement suffisant !
Je ne juge évidemment pas les parents qui choisissent de transmettre un prénom. Chacun fait comme il l’entend, et je sais que ces choix sont souvent faits avec beaucoup d’amour. Mais justement, je trouve important de pouvoir reconnaître la beauté d’une tradition sans se sentir obligé de la reproduire. Ce n’est pas parce qu’une pratique existe depuis plusieurs générations qu’elle doit nécessairement se poursuivre avec nous.
Respecter ses origines ne signifie pas tout accepter
Je crois que c’est peut-être là que se trouve le cœur de ma réflexion. On a parfois tendance à considérer que remettre en question certaines habitudes familiales ou culturelles revient à rejeter ses origines. Pourtant, je ne vois absolument pas les choses de cette manière. On peut être attaché à sa culture africaine, respecter les traditions avec lesquelles on a grandi, aimer profondément sa famille et avoir malgré tout un regard critique sur certaines pratiques.
Ce n’est pas parce que nos parents ont fait quelque chose d’une certaine manière que nous devons obligatoirement faire pareil. Ce n’est pas parce que nos grands-parents avaient certaines croyances que nous sommes obligés de toutes les adopter. Et ce n’est pas parce qu’une personne plus âgée nous affirme quelque chose que nous devons automatiquement considérer qu’elle détient la vérité sur notre avenir.
Je pense même qu’il est possible de conserver le meilleur de ce que l’on a reçu tout en décidant de faire autrement sur certains points. Les valeurs qui nous semblent importantes, le respect, la solidarité, les souvenirs, les traditions qui nous rassemblent, tout cela peut continuer à exister. Mais les peurs, les blessures, les conflits et les croyances qui nous enferment ne méritent pas nécessairement le même traitement.
Et puis, il faut aussi accepter que nos enfants ne feront pas toujours les mêmes choix que nous. Si je revendique aujourd’hui la liberté de ne pas reproduire toute l’histoire de mes parents, je dois également pouvoir reconnaître à mes enfants cette même liberté. Ils auront peut-être une autre vision du couple, de la famille, des traditions et même de certaines choses que je considère aujourd’hui comme importantes. Cela ne signifiera pas forcément que je leur ai mal transmis mes valeurs. Cela signifiera simplement qu’ils auront développé leur propre manière de voir la vie.
Briser les chaînes, ce n’est pas vivre contre son passé
Je tiens quand même à faire une nuance, parce que je ne veux pas donner l’impression qu’il suffirait de dire « je brise les chaînes » pour que tout disparaisse comme par magie. Nous sommes forcément influencés par notre histoire, par ce que nous avons vu, entendu et vécu. Certaines blessures mettent beaucoup de temps à cicatriser. Certains comportements peuvent se transmettre sans que l’on en ait conscience, et il faut parfois un véritable travail sur soi pour réussir à s’en détacher.
Mais justement, je trouve qu’il y a une différence entre reconnaître ce qui nous a influencés et accepter que cela dirige toute notre existence. On peut avoir vécu des choses difficiles et construire une vie différente. On peut avoir grandi avec des paroles négatives et apprendre à ne plus les croire. On peut être issu d’une famille où les couples se sont séparés et vivre une belle histoire d’amour. Et on peut aussi se séparer sans que cela signifie qu’on est victime d’une malédiction ou qu’on reproduit obligatoirement une histoire familiale.
Je n’ai aucune envie de passer ma vie à chercher dans mon arbre généalogique une explication à chacune de mes difficultés. Je préfère regarder les situations pour ce qu’elles sont, essayer de comprendre ce qui dépend de moi et avancer avec les moyens dont je dispose. Certaines choses sont liées à notre passé, d’autres non. Et parfois, il faut simplement accepter que la vie ne se déroule pas toujours comme prévu, sans chercher à lui donner une signification spirituelle ou familiale à chaque étape.
Ce que je veux transmettre à mes enfants
Aujourd’hui, en tant que maman, cette réflexion prend évidemment une dimension particulière. Parce que je sais que, moi aussi, je transmets des choses à mes enfants, parfois consciemment et parfois sans même m’en rendre compte. Je leur transmets une éducation, des valeurs, ma manière de réagir face aux difficultés, ma façon de voir les relations humaines et probablement aussi certaines de mes inquiétudes. Je ne prétends pas pouvoir tout maîtriser ni leur offrir une enfance sans aucune erreur de ma part.
Mais s’il y a bien une chose que j’aimerais qu’ils retiennent, c’est qu’ils ne sont pas obligés de devenir ce que les autres attendent d’eux. Ils ne sont pas obligés de reproduire mes choix, de porter mes blessures ou de vivre leur vie en fonction de ce que j’ai moi-même traversé. Ma séparation fait partie de leur histoire familiale, c’est une réalité. Mais elle ne doit pas devenir une étiquette qu’ils porteront toute leur vie, encore moins une prédiction sur leurs futures relations amoureuses.
J’aimerais qu’ils grandissent en sachant qu’ils ont le droit de faire leurs propres choix, de remettre certaines choses en question, de se tromper et de recommencer. Qu’ils puissent conserver ce qu’ils trouvent beau dans notre histoire familiale et laisser de côté ce qui ne leur correspond pas. Et surtout, qu’ils ne se sentent jamais obligés de poursuivre une histoire uniquement parce qu’elle a commencé avant eux.
Et si briser les chaînes, c’était simplement se donner le droit de vivre ?
Au fond, je crois que briser les chaînes du passé, ce n’est pas forcément accomplir quelque chose d’extraordinaire. C’est parfois simplement refuser une parole qui nous a été imposée, ne pas entretenir une rancœur familiale, choisir de ne pas écouter un rêve inquiétant ou arrêter de chercher dans la vie de nos parents l’explication à tout ce qui nous arrive. C’est comprendre que notre histoire peut nous influencer sans nécessairement nous définir.
Je crois à la transmission, mais je crois aussi à notre capacité de faire des choix. Je crois à la foi, mais je ne veux pas vivre dans la peur. Je respecte les traditions, mais je ne pense pas qu’elles doivent toutes être perpétuées. J’aime mes origines, mais je refuse que mon passé ou celui de ma famille devienne une condamnation.
Je ne suis pas responsable de tout ce qui s’est passé avant moi. Je n’ai pas choisi l’histoire de mes parents, de mes grands-parents ou des générations qui les ont précédés. En revanche, je peux réfléchir à ce que je décide d’en faire aujourd’hui et à ce que je souhaite transmettre demain.
Je ne suis pas obligée de porter toutes les histoires de ceux qui m’ont précédée. Et mes enfants ne seront pas obligés de porter la mienne.
C’est aussi cela, pour moi, briser les chaînes.
Xoxo 💋
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